IWS : I Want Sport ! #COVIDfriendly

126619351 423384308683744 4743575815079019435 nLe tir à l'arc : un sport signé #covidfriendly ©pjd 🙃

J’aurais pu simplement poser une cible à 18 mètres, m’entraîner, et compter les points. J’aurais pu… C’est vrai j’aurais pu.

Le week-end dernier, la première compétition #worldwide de la #worldarchery avait lieu les 21 et 22 novembre 2020. Un retour à la compétition estampillé "officiel" par le cachet de la WA, reconnue tardivement par la Fédération Française de Tir à l'Arc notamment pour la question de la préparation des équipes de France au retour sur les terrains "où ça compte”. Ok, le gouvernement a aussi tardé pour diffuser les décrets, est-ce une raison suffisante ? Doit-on cependant attendre que tout le monde puisse pratiquer avant de revenir à un évènement ou peut-on imaginer que les chanceux s’entrainant pourront aider la reprise de ceux qui n’auront pas pu ? Je dois vivre dans le monde des Bisounours pour penser ainsi, qualifier ce raisonnement ainsi revient à se dire que nos valeurs sont bien loin derrière. 

Le coach arc à poulies s'est défoncé pour nous proposer ce challenge dans de vraies conditions, à savoir au centre national arc à poulies, au CREPS de Dijon. Chronotir, arbitre et concurrence, l’oeil du coach… Alors forcément, pour faire honneur à son travail, j'étais présent avec mon armée de dérogations obligatoires, masques, et gel d'alcoolique.

Dans un tel contexte sanitaire si divisé entre nous, entre les pays, que faire, que penser ? Alors oui bien sûr je suis heureux d'avoir pu pratiquer mon sport au sein d'un collectif de haut niveau, je suis heureux d'avoir pu passer un moment privilégié avec le collectif France arc à poulies, je suis heureux d’avoir entendu les sonneries d’appel au pas de tir, rempli une feuille de marque et presque heureux de retrouver l’amertume d’un cordon qui ne prend pas. Cordon que l’on peut facilement s’accorder à la maison… Je suis heureux d’avoir maintenant une perspective officielle qui prend un air d’objectif, avec une prochaine date de rendez-vous au 19 et 20 décembre.

IMG 6651Dans ce contexte, on ajoute une ambiance pesante à l’aube d’une assemblée générale élective nationale, avec tout un tas de trucs qui se passent ici et là, des questions anodines qui pourtant engagent notre avenir de sportifs de haut niveau, de sportifs amateurs licenciés en clubs, et de sportifs professionnels comme nous pouvons compter désormais en France. Je n’aime pas ce qui se trame, ce manque de clarté et de discernement. Quand on est sportif, on aime les objectifs clairs, la perspective. Plus le niveau est haut, plus ce paramètre est important. L’absence de nouvelles “d’en haut” depuis le premier confinement n’est déjà pas une normalité alors que j’évolue au sein d’un collectif national ayant ramené un bon pactole de médailles internationales dans cette dernière décennie. Le fait que l’entraîneur national bataille pour décrocher le droit de participer à une compétition online n’en est pas une non plus. C’est vrai, c’est super bien, on a une compétition. J’ai envie de dire : “c’est pas trop tôt” ! Deux saisons de retard… 

IMG 1260On imagine bien que le haut niveau international ne va pas reprendre de suite, pour cela il faudrait connaître les procédures sanitaires de chaque pays, quid des quarantaines en 2021, équipe A et équipe B pour garantir une présence compétitive ? La densité d’un programme que je trouve complètement fou, la vaccination probable par une substance inconnue, suffoquer du port du masque en faisant du sport de plein air ou pas, l’impact sur la santé de ces deux points sont déjà importants. Et la santé mentale ? S’entraîner pour une compétition qui sera annulée, reportée ? Allant de déception en déception pour du local, comment se projeter en international ? La projection de la déception n’a son reflet que dans le dégoût, un effet non éphémère malheureusement. Alors la suite ?


On y ajoute de l’incertitude sur ce qu’il va se passer pour le haut niveau qui ne porte pas les anneaux olympique, puisqu’apparemment, ils sont la racine de toute chose. Je ne dois pas être câblé de la même manière ce n’est pas possible autrement, je ne comprends pas. L’incertitude devient une inquiétude, sa dimension de réalité naissante est un poids supplémentaire qui engage des réflexions profondes sur l’avenir du sport au sens propre, dans son organisation, sa pratique, pour qui, comment. La date limite d’inscription à la compétition était le 15 novembre, la convocation date du 9 novembre et la compétition a été inscrite au calendrier fédéral pour les collectifs dans la semaine précédant l’évènement. Capacité d’adaptation d’accord, mais là c’est quand même du mode hardcore. 

IMG 1316On ajoute la gestion d’un entraînement absent durant des mois. Mais pourquoi ? Pour créer mon propre pas de tir, une aire de jeu devenue un studio de présentation de ce qu’est l’arc dans le monde du tir … à l’arc. Les clubs sont fermés, comment s’entrainer ? Hors structure nationale, il faut se débrouiller. J’ai alors dépensé des milliers d’Euros pour créer mon écosystème, mes deniers, avec l’aide d’AS, Hoyt et Easton. J’ai terminé ces travaux il y a peu. C’est joli, c’est bien, c’est cool. Alors je peux aller au travail et m’entraîner. Ok mais pourquoi ? Pour quoi ? Je reçois un nouvel arc, nouveau modèle, chouette ! Un sujet vidéo qui va me demander un entraînement et un peu de challenge pour montrer du positif. “Un sujet”, justement, le sport fédère, ça veut dire qu’on parle de la même chose, on pratique la même chose, on partage les mêmes valeurs. Bon en ce moment, la pratique prend une claque, les valeurs aussi d’ailleurs. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne doit rien faire. Ce que je partage avec vous, c’est autre chose qui compose notre sport : de la technique, de l’astuce, de l’image, du réglage, de la perspective ! On appelle souvent les sportifs de haut niveau “des ambassadeurs”, ils représentent le pays… et j’ajoute une nuance “et/ou leurs marques sponsorisées”. Hyperactif et au caractère bien trempé, le sportif de haut niveau dans une cage casse la cage, surtout s’il se bat d’une part pour ses médailles, d’autre part pour gagner sa croûte. Je ne sais pas vous, mais moi, l’honneur, ça me donne faim. Ceux qui me donnent l’opportunité de manger sont ceux qui sont placardés en gros sur les vidéos. Derrière l’aspect “pub”, il y a de vrais conseils applicables “toutes marques” façon “je sers le Grand Tir à l’Arc, mon sport, ma passion”. C’est le revers de la médaille quand on a dû créer son propre système pour vivre de sa passion, non olympique, qu’on a lâché son métier d’avant pour ça, et que le pays ne se souvient de ses ambassadeurs qu’une fois tous les quatre ans pendant quinze jours. Tout est question de priorité, si je ne passe pas temps et énergie dans la sécurisation de mon environnement, j’aurais beau être performant, je ne pourrai plus en vivre.

Studio PJAlors à côté de ça, lorsqu’on me demande en interview “quel est ton état d’esprit en ce moment PJ “ ? “Que penses-tu des compétitions online” ? Je réponds : “Joker”. Ça va plus loin que ça, tout pourrait être mal interprété car je peux vite devenir cinglant. Comme à vous lire sur les réseaux sociaux, en ce moment y’a de la lecture, j’aime le pop corn mais quand même ! Alors je ne réponds pas, je lis, je réfléchis et j'en conclus : “et donc, si je dis que je vais à Dijon en stage, je me fais déglinguer parce que j’ai une dérogation antivirus et pas les autres. Si je ne dis rien, je me fais déglinguer et on va dire que j’ai peur de m’exprimer. Si je n’y vais pas, je ne remplis pas mes engagements de convention individuelle de haut niveau, mais en même temps, y’a quoi en face pour me protéger sur le plan social ? Si je fais un bon score, on va m’épingler pour dire ce que je pense et ça peut être chaud. S’il est mauvais, on va dire que je suis fini ou que je n’ai rien à faire chez les pros. Si je m’entraîne, on dira que j’ai de la chance, sinon, on va se demander pourquoi je n’en profite pas puisque j’ai cette “chance” (à plusieurs milliers d’Euros et des années d’investissement pour créer l’opportunité de stabilité instable, ce n’est plus une chance). Si je dis que je suis pro, on comprend pas car non salarié de mon club au yeux de l’institution française, si je dis que j’ai un boulot qui n’est pas que le tir et la compétition, on me dit c’est pas normal. Si je fais un faux pas d’un côté ou de l’autre, on va dire que … ouh làààààà on se calme ! Donc j’écris ce qu’il se passe tout autour, je heurte les susceptibilités peut-être, mais au moins je ne l’ai plus sur le coeur.

DSCF0345J’ai choisi de trancher : je m’occupe de l’avenir dans ce qui m’intéresse, soit la mécanique de l’arc, ma passion et mon point fort. Ce site web, le site photo et la chaîne Youtube, c’est un moyen d’aider mon sport, c’est mon initiative. J’y représente mes sponsors et c’est normal, voyez-y surtout des astuces, un partage, une envie, un plaisir. Ça tombe bien, ça vous plaît aussi. Quand je tire un arc devant une vidéo, je vous montre quelque chose à vous, pas à moi, cela ne rentre pas dans le cadre de mon entraînement perso tout seul à moi unique. Quand je fais des photos et que j’écris un article, c’est du plaisir mais aussi de l’énergie. Alors il faut comprendre quoi là Pierrot ?

En gros : la compétition, je m’en fiche pour le moment. Je l’ai décidé il y a déjà un moment de ça, alors que nous naviguons à vue sans y voir dans le brouillard épais. On n’y entend même pas la vibration d’une corne de brume, rien, peau de balle. Alors quoi ? On se lamente ? On râle ? On déprime ? Je ne vous cache pas être passé par tous les états d’âme, je suis humain autant que vous l’êtes. Faute d’obtenir une route sûre pour la compétition, j’ai entrepris ce projet à long terme pour apporter quelque chose à mon sport, d’après mes connaissances issue de mon parcours professionnel et sportif.

La compétition est la finalité de nos entraînements. Vu les scores de fous qui ont été posté et compte-tenu de leur probité, vu les inégalités dans les conditions de pratique, ce dont je me doutais un peu quand même, il était important de considérer cette compétition comme un évènement populaire et non comme un support d’évaluation de la performance. Celui qui évalue sur le papier est bien sot. Alors ces Indoor World Cup Series Online ont tardé, mais ça fait du bien là où ça fait (aussi) mal. La World Archery, ou bien notre fédération, pourrait décerner également le prix de l’originalité du pas de tir en condition online : on voit tellement de tout ! Je trouve ça excellent. Je vois une cible au milieu d’une étable, les vaches spectatrices, une autre au milieu d’un atelier de bois, depuis la cuisine vers le salon… On a besoin de rire, d’écarquiller nos yeux choqués par une actualité ténébreuse. Alors la perf’… Elle reviendra oui, en son temps.

Maintenant je vais parler de la claque psychologique que j’ai pris pleine tête ce weekend. Je pars en stage. “Je pars”, déjà y’ un truc là, on est con-finés sauf pour aller consommer entassés dans un supermarché ou aller bosser, mais pour aller se faire du bien à trois mètres mini les uns des autres, parfumés de gel hydroalcolo, c’est pas possible. “En stage” pwaaaa mec comment ça déchire ça trop d’la chance. Ca pose le décor. On ajoute “en compétition”. Whaaaat ? Non mais t’es sérieux là ? Une con-quoi ? Je sors donc de mon studio tout neuf five stars canapé trop bien, musique. Je vais tirer dans une salle faite exprès pour ça, avec des gens qui savent bien où tirer aussi, pour une compétition. Donc j’ai une pression qui monte lors de mes entraînements (le premier datait donc de la sortie du HOYT ALTUS de son carton vers début novembre. Mais je ne savais pas encore que j’allais compter mes points pour de vrai, donc tranquille le chat, c’est cool sur l’exigence et tout ça. Pour les réglages, et bien le curieux va faire plein de tests, et il va donc bien foutre en l’air tous ces repères micrométriques dans le corps. Une semaine avant le stage et la compétition, cette fois la convocation en poche, je me suis donc mis à l’entraînement, enfin d’abord au réglage pour trouver ma posture, mon geste, donc en réglant mon arc d’abord avant de commencer à coller du volume. Altus, Invicta… Invicta, Altus… Arf, je sais pas, je vais faire avec les deux et on verra bien sur place. 

Voilà que, sur place, rien n’est plus pareil. Si j’étais tout confort sur mon pas de tir, je ne l’étais pas du tout sur celui du CREPS : mes automatismes sont revenus à une vitesse assez incroyable, le corps voulait prendre une place qu’il n’avait pas dans l’arc que j’avais configuré. Altus ou Invicta, rien à faire, mon bras d’arc tremble comme une feuille balayée par les vents d’automne, j’ai moins de ch’veux mais bon quand même, je ne suis pas en carton… D’ailleurs, si j’ai tiré l’Invicta pour la compétition officielle, c’est parce que c’est le premier que j’ai pris en main lors de la première volée comptée. Ensuite, je n’ai simplement pas eu la force de changer en cours de route tellement mon esprit était accaparé par le contexte. Mais, cela n’a pas empêché l’Altus de faire un peu d’exercice, notamment pour coller une petite victoire au champion du weekend, Adrien (595) lors d’un match amical 148 partout, barrage X/X en ma faveur. Il est vraiment sympa cet arc.

Il faut se dire aussi que c’est dans ces conditions que l’on palpe parfaitement les différences de préparation de chacun, les mentalités, l’impact du contexte sanitaire sur chaque personne est très différent. L’entraîneur a judicieusement glissé une phrase magique me disant “il n’y a pas de jugement”. Justement parce que tout change tellement d’une personne à l’autre, en touchant tous les domaines du corps et de l’esprit, jusqu’à la logistique, qu’il est primordial de ne pas s’évaluer sur un premier rendez-vous, pas sur plan de la performance pure en tout cas, et encore moins de prononcer un jugement.

Divers éléments me guidaient vers la suite du weekend, dont le regard du coach, m’indique que je dois faire exactement ce qui est dit dans le texte : ça bouge, ça tremble, ça tient pas, ça vole mal et je ne parle même pas des impacts, si je tape 570 c’est le bout du monde. Je dois réduire l’allonge et la puissance. Ca c’est dans le texte. Donc j’ai fait exactement l’inverse, et c’était bon. Eugrh, quoi ?

En gros, faut en causer avec votre ostéo, Kiné, ou entraîneur, mais y’a ancrage postural et ancrage musculaire. Si on raisonne testotérone, l’entre-deux allonges vous place sur du muscle. Si vous n’en avez pas, ça tient pas et ça fait mal. Si vous musclez ça pour tenir, y’a un moment où ça va péter, faire mal, et longtemps. Si on raisonne postural, on dit équilibre, on dit aussi plusieurs centimètres et non millimètres. Vous saviez que j’ai tiré longtemps à 26,5 pouces d’allonge, épaule d’arc bien sur l’arrière, rentrée, et l’épaule de corde ancrée haute, coude haut. Ca fonctionne, c’est très à l’attaque mais ça fonctionne. Maintenant, je suis cinq centimètres plus loin avec 28,5 pouces. La différence entre les deux est un placement d’épaule, un ancrage postural. Je ne suis donc pas sur un muscle, mais plus sur des alignements qui ensemble forment un équilibre. Là, je peux envoyer de la flèche et muscler tranquillement sans blesser pépère.

En ajoutant mon centimètre d’allonge, et la bonne puissance, je retrouvais mes repères très rapidement. En terme de temps, le vendredi après-midi a été sacrifié aux situations diverses et variées pour me permettre de déterminer ma stratégie en arrivant frais et dispo le samedi matin, réaliser mes réglages avec un corps reposé, et attaquer un tir compté plus sereinement le samedi après-midi. Mon réglage le plus pertinent a été décelé le dimanche matin. Souvenez-vous : le bon réglage n’est jamais celui de fin d’entraînement (on le détecte au prochain entrainement, au début).

IMG 2030C’est tout ? Y’a plus qu’à ? Héhé, moi qui pensait que ça allait l’faire, que ça allait bien faire un p’tit 590 plus ou moins deux points… J’avais cette petite voix qui me disait “la priorité n’est pas dans le score, travaille pour ce que tu veux faire pour le tir à l’arc, la perf viendra après en son temps”. Très clairement, cette pensée est terrible, elle fait glisser mon point de visée sur le blason. Pas de point d’accroche, rien, je déconnecte à vitesse lumière alors même que je suis en visée prêt à décocher. Alors on va me dire oui PJ tu devrais travailler ton mental etc… Oui oui. Confères les paragraphes plus haut, fais moi donc un thèse là d’ssus et reviens m’parler ensuite de l’état de ton mental, on va faire causer tous les gens qui sont en guerre dans nos têtes autour d’un verre en guise de prépa mentale.

IMG 2029Ce qui est vraiment super méga top, c’est que je peux vous parler du stress que j’ai eu à négocier. Ce n’était pas du petit stress picotant comme celui qu’on a sur un blason neuf (on ne veut pas faire des trous moches), non, celui-là, il est énervé, enragé, il veut ta peau le salopiaud. La sifflante retentit, tout le monde joue le jeu, nous sommes sept en compétition et on le sent vraiment. A cet instant (persistant), mon sentiment a été “putain de merde, c’est vraiment violent”. Je vous la fait honnête et sincère, sans délicatesse, sans édulcorant. Ce n’était pas un contexte dominical, amical, tranquille, mais bien le contexte fédéral, équipe, World Archery. Aucune compétition depuis Vittel 2020, rien depuis février, le néant, même pas une petite joute collective organisée en interne, le vide. Si je me disais déjà qu’on allait se faire découper lors du retour à l’international lorsqu’il se produira, c’est maintenant une certitude : il faut recommencer, encore et encore, se réhabituer. Si je me mets à votre place, je vous encourage vivement à participer à ce genre d’évènement “online”. Créez le vôtre avec vos amis sur Messenger, FaceTime, machin truc Visio et envoyez vos scores entre vous de la façon la plus fair-play possible. Sinon, le retour à la compétition va vous déglinguer.

Je ne suis pas arrivé sur ce stage avec une ambition de compétiteur, je suis venu pour me remettre dans un contexte d’équipe, encadré. Clairement, j’ai morflé. J’aime ça, ok. Morfler à ce point à haut niveau, dans ce contexte, je le découvre. Mais y’a des gens qui ont fait des études sur les sportifs non ? C’est quand qu’on en parle ? C’est quand que les sportifs actuels sont avertis des risques, et des solutions pour ne pas tomber dans les travers de ces risques ? C’est la deuxième fois de ma vie que je rencontre ce sentiment sur le pas de tir, fébrilité, psychologie. La première fois, j’avais dix kilos de moins, je sortais des hôpitaux les yeux cernés et encore rouges. Le mental était calibré de toute autre manière. Mais doit-on vraiment se démmerder seul à chaque fois ou bien un partage est encore possible surtout lorsqu’il est normal de le faire ? Pardonnez-moi mais, quelqu’un raisonne t’il encore de cette façon ? Si mon oreille se tend vers “en haut”, elle n’entend rien. Si elle se tourne vers “le bas”, ou plutôt vers la force, l’embase de notre sport, elle entend bien des choses ayant besoin d’être mises en lumière, organisées et poussées pour nous servir à tous.

IMG 2031Je tire 584 points. C’est la première compétition. La prochaine sera dans un mois, si tout va bien, online également. Je serai meilleur. Je tire deux 10 pour un 9 en résumé. Ma satisfaction se dirige vers la précision de mes impacts : quand ma cervelle ne se barre pas en sucette, tout va bien. Ma logique comprend qu’environ 5 flèches ont bien dégagé à cause d’un physique léger. Mon souvenir s’amuse de toutes ces flèches à rien du cordon qui n’ont pas pris le point, et il y en a eu un bon paquet. Le vrai bon score en version “réussite au taquet” aurait été fidèle à mon objectif premier soit 588-590 environ. Alors, physiquement c’est dur ok. On s’échauffe, on tire, on s’étire, c’est bien. Mais pour le moral. BAM, pleine tête façon #snipercampeur à Call Of Duty. Qu’importe, quelques jours plus tard, mon esprit n’est pas négatif, il se tourne vers les belles choses à venir, notamment vers l’intégration des challenges en ligne, à distance, avec tout le monde.

Suite à ce stage, j’ai demandé à notre entraîneur de programmer des séances de renforcement musculaire en Visio, ensemble et en équipe. Tout seul, même pas en rêve. Je le sais bien que des vidéo FFTA existent sur YouTube, c’est bien un bon début, mais va falloir faire mieux, beaucoup mieux, quite à assumer nos lacunes en live (ce qui aurait l'avantage de resserrer à nouveau les liens entre haut niveau et vie sportive, une force de notre sport qui malheureusement s'estompe). Je lui ai demandé un programme de reprise basé sur la surcompensation musculaire. Je vous invite à rechercher des informations là-dessus, c’est très intéressant. Et enfin, j’ai demandé des confrontations régulières mêmes en Visio, non pas pour évaluer la performance, ça on s’en fout, mais pour se remettre en condition mentale. La prochaine compétition, online ou pas, doit à l’évidence être moins violente que celle-ci, en tout cas, elle doit être préparée avec plus de soin et de stratégie. Pourquoi tant de retard ? Pourquoi tant de barrières ? Pourquoi tant d’énergie contraire à la bonne volonté ? Pourquoi tout coince tout le temps ? Et ça, ce n’est pas du fait d’un virus, enfin, pas le Corona.

IMG 2032Bref, j’ai eu de belles flèches, je suis content de les avoir tiré et croyez-moi, j’ai bien pensé à tous ceux qui n’ont pas cette opportunité. Voyez ce texte et toutes mes initiatives comme un vrai soutien. Cette situation réveille aussi bien des aspects pour devenir encore plus précis et pertinent dans mon approche sur l’arc et son environnement, pour le transmettre plus facilement, et pour créer du matériel plus sympa, plus ludique, pour le tir à l’arc de demain.

En ligne, à la maison, entre potes, en compétition ou pas, gardez le contact avec votre arme, et si vous souhaitez vous mesurer à d’autres en compétition, assurez-vous de trouver une vraie motivation, une adversité pour créer de l’adrénaline. Je ne parle pas de haut niveau, je parle là de plaisir : décrocher son objectif, battre ses records, faire tomber ses propres barrières, quelle belle satisfaction ! Et on en a besoin !

Développez, créez, soutenez, imaginez, le tir à l’arc de demain, il peut être à votre image, n’attendez pas que cela tombe d’en haut. Prenez soin de vos terres, développez vous, chez vous, entre vous, renforcez-vous. Nous avons l’opportunité de changer bien des choses actuellement, le temps s’y prête, règlements à modifier, à simplifier, à inventer ou à supprimer. Les types de compétitions qui peuvent voir le jour. Les clubs qui peuvent associer leurs forces. Je n’ai pas tout vu et je n’ai pas tout fait, mais vos compétences sont nombreuses et dépassent les miennes. Si d’habitude je reçois vos encouragements, c’est à mon tour de vous encourager !!! Préparez l’avenir, c’est déjà faire quelque chose. Je crois en vous, allez !

 

Je continue mes vidéos, mes articles, au fur et à mesure, mais aussi mes entraînements.

Prochain rendez-vous : le weekend du 19/20 décembre pour la seconde étape des IWS.

Soyez forts, soyez passionnés, vous n’êtes pas seuls.

 

Archerycalement,

>>> - - - Pierrot - - - > X

 

Ps : une photographie de ©Dean Alberga @Dutchtarget lors du Lancaster Classic USA 2020, avant dernière compétition "inter" de l'année... en janvier... Nous sommes tous derrière l'objectif, derrière les filets, avec le souvenir de cette liberté, de notre volonté. L'avenir sera changé, autant participer à ce qu'il soit encore meilleur.

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Photographie

pix arcCe nouvel espace est la mémoire de plus de quinze ans de ma vie, entre Terre et Mer, mes centres d’intérêt, mes voyages, mes affectations. Même les clichés numériques les plus anciens, capturés au travers d’objectifs de qualité relative à mon pouvoir d’achat de jeune maistrancier, expriment leur charme à l’étale de leur grain. A l’époque de l’éphémère des réseaux sociaux, j’ancre le temps par mes images, non datées. Il me restera les clichés argentiques… Plus tard. Bon voyage ;-)

Rattrapage 3/3.

Riom coachJeux Européens : Minsk. Touch’n’go de 24h à la maison au retour de S’Hertogenbosch, je rafistole les arcs avec un petit check-up de deux heures et je refais le paquetage. Gratouilles au chat qui boude, bisou nanakidéchire, et hop, veuillez relever votre tablette, attachez votre ceinture et retirez vos écouteurs durant le taxi, le décollage et l’atterrissage. 

Ballades en forêt : de Redding à Mokrice.

PJ La Valette 1Le tir à l’arc français et mondial me connaît surtout tel un archer du “tir à plat”, salle, FITA. Or, j’ai débuté ce sport par le tir instinctif, en arc à poulies, dans les bois du Vercors. J’ai toujours apprécié le plein air, la variété. Vu le programme international de la cible anglaise, le circuit en salle, le circuit des coupes du monde extérieures, en y ajoutant les championnats respectifs de référence, et bien entendu une vie professionnelle à côté, je n’avais pas la ressource pour profiter pleinement des compétitions dite “de parcours”. Alors, j’ai attendu avant de revenir à mon premier amour. Et voici que je découvre Redding en mai 2018, la compétition 3D américaine, maison du Big Foot.

Rattrapage ⅔.

Full packVoici le carnet de route de la saison extérieure 2019, toujours en mode rattrapage, où de nombreux points sont à garder en mémoire, de l’inédit à la première, de la déception et de l’or mondial. Commençons par le début de toute saison, une sélection, c’est-à-dire la remise en question de son niveau par une évaluation de la performance pour que la fédération décide des archers en qui elle placera sa confiance pour tenter de ramener les médailles. Porter le maillot de l’équipe de France n’est pas une coutume, c’est un vrai travail tant au niveau de la projection dans le programme de saison que dans la volonté à placer au moment opportun. Nous sommes au temps opportun, à Compiègne qui accueille cette première compétition.

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