L'entraînement.

Un entraînement, c'est quoi pour moi ?

Faire le vide

  • Préparer une échéance, compter un score, être sérieux.

  • Régler le matériel, effectuer des tests, apprendre sur le matériel.

  • Se défouler, apprendre à ne pas s'énerver (difficile parfois).

  • Prendre du bon temps avec des amis, avoir du plaisir, faire vivre une passion.

  • Renforcer le physique pour la résistance au vent, au stress, au voyage.

  • Parfaire son mental, se connaître dans différents états.

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Le contenant

C'est l'approche personnelle de votre entraînement, en fonction de votre propre personnalité et de votre disponibilité :

  • Plusieurs heures en un minimum de fois.

  • Plusieurs fois en un minimum d'heures.

  • Plusieurs heures dès que possible.

  • Plusieurs heures tous les jours ou presque.

  • Quand le temps le permet.

Je m'entraîne jusqu'à vingt heures par semaine selon la période. J'essaie de prévoir du temps supplémentaire si je dois déborder si le besoin se présente.

Me connaissant...

  • Je n'aime pas être bloqué par la montre, et devoir plier le matos alors que je ne suis pas encore rassasié.

  • J'aime aller chercher loin dans l'effort, il m'arrive en été de tirer du petit matin jusqu'au soir, et je trouve amusant de tirer dans le gros vent ou trempé sous la pluie quelque fois aussi. Bien sûr pas toujours, mais ça ne peut pas faire de mal que de se connaître dans de telles conditions.

  • J'aime savoir ce que je fais et pourquoi, donc la réflexion demande aussi du temps.

Je m'organise...

  • Si je manque de temps pour m'entraîner, je vais faire le maximum pour décrocher une demie heure de tir un maximum de fois dans une semaine. Ce créneau me permettra de garder le contact avec le matériel, la sensation fine, et de canaliser l'adrénaline dûe au manque.

  • Si je n'ai pas de salle, je tire à quelques mètres chez moi, ou au CROSS en salle de sport, dehors si la météo le permet.

  • A défaut de ces options, je place un encoche sur la corde pour éviter le serrage du tranche-fil et j'effectue des temps de tenue en visée, avec un décocheur sans fin, dans mon salon.

    La gestion du repos.

    Les jours de repos "tir" sont en général des jours de travail sauf hors saison où j'aime prendre du temps pour moi, voir autre chose qu'une cible, changer d'air et d'activité.

    Ces coupures ne sont jamais très longues, mon record était battu lors de mon brevet supérieur où je lâchais prise durant 15 jours. Par contre, elles sont réellement faites pour ne plus entendre parler de tir, je range le matériel hors de ma vue, pas de discussion, pas d'Internet.

    La reprise est programmée quelque fois en adéquation avec une future échéance sportive, ou alors en fonction de mon envie. Il me faut quelques fois résister à cette envie très forte, et dans ce cas, je dois vite trouver autre chose à faire.

La durée d'entraînement.

Elle doit dépendre de votre disponibilité, en fonction de votre famille et de votre emploi, et aussi dépendre de vos objectifs. Votre entraîneur de club vous conseillera sur la répartition de vos entraînements. Une chose est certaine, on a rien sans rien...

Mon entraînement normal sera de trois à cinq heures, trois à quatre fois par semaine en début de saison. Lorsque les compétitions reprennent, je baisse la cadence à environ deux heures par séance et j'évite de tirer la veille d'une compétition

Je suis automatiquement rythmé par mes permanences opérationnelles, puisque présent sur base pendant 24 à 48 heures pour ce qui était de la Méditerranée, et une semaine entière pour l'Atlantique.

En hiver, je m'occupe plus de mes relations avec les sponsors pour préparer la future saison, établir des plannings sportifs et des compte-rendus à mon autorité militaire. C'est l'occasion aussi de retrouver mes proches et ainsi passer plus de temps avec eux.

Une fois la saison salle passée, le tir extérieur outrepasse l'administratif, place à "l'opérationnel" et en dehors des compétitions autour du Monde, je cherche le calme et le repos pour être disponible mentalement pour les naufragés.

Les semaines sont rudes certaines fois entre le travail de nuit, le stress des "opé" ou de la compét', la cadence de tir, le décalage horaire des voyages...

Trouvez donc la méthode qui vous sera adpaté en fonction de tous les aléas de votre vie, ne négligez rien, mettez des priorités, planifiez, tirer régulièrement peu.sera toujours meilleur qu'une fois longtemps dans la semaine.

Prenez de l'avance sur les créneaux horaires si vous n'avez pas de salle permanente. Pré-montez le matériel, faîtes les réglages à la maison, optimisez votre temps de présence en salle ou sur le terrain pour vous consacrer au tir au maximum.

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Le contenu

Une fois organisé pour obtenir du temps, il faut faire place à la structure même du tir à l'entraînement. Je vois plusieurs phases dans la gestion de son entraînement, on ne fait pas n'importe quoi.

Les risques d'un mauvais entraînement

  • Perte de motivation, l'esprit se dissippe et cherche d'autres éxutoirs.

  • Le matériel n'est pas réglé, il y a risque de casse, et de repousser cette étape en pleine période de compétition.

  • Mauvaise gestion du physique, risque de blessure, de perte de fraîcheur avant une compétition.

Les phases d'entraînement

  • Adaptation du matériel

    Puisque sans lui, cela devient compliqué. Réglages, tranche-fil, presse, beaucoup de temps et d'essais pour peu de flèches. C'est un passage pénible parfois, mais obligatoire. Il intervient au tout début d'une saison, en première étape.

  • La préparation physique

    Puisque le tir à l'arc est un sport, que le lien entre le corps et l'esprit doit être présent pour réussir, et que le matériel pose des contraintes au corps, il faut se préparer pour éviter la blessure. Trouvez le juste milieu, soulever de la fonte à outrance pour finalement ne plus ressentir d'arc en main n'est pas utile. Un peu de jogging, de vélo ou de gainage vous fera le plus grand bien. Trouvez quelques semaines entre septembre et décembre pour cette phase, un rappel pourra se faire en mai ou juin.

    Prenez vos flèches de la saison passée, les usées ou tordues dans le carquois et faîtes rougir la bestiole par un rythme soutenu et de nombreuses flèches dans les blasons usés et poussièreux.

  • Le travail de la gestuelle

    Une fois le corps d'athlète acquis, vous n'aurez plus besoin de presse pour changer un câblage, les bras suffiront (Autorisation de se marrer !). En se détachant du résultat, répétez votre séquence de tir, mémorisez les appuis, la posture. C'est ici que le geste se travaille en profondeur, il est presque ralentit pour aller chercher la perfection, chaque image sera ancrée et l'ensemble constituera votre base.

    Tirez toujours sur un blason pour mémoriser l'image de visée, vous ne devez pas la perdre. Adoptez une zone de tolérance pour vos impacts en cible et posez votre viseur dedans, le but est de trouver la fluidité du geste par un travail de qualité. Cette phase peut être effectuée en chaque début de semaine, pendant deux ou trois entraînement du lundi au jeudi par exemple.

  • La recherche de performance

    C'est un tir compté dans de bonnes conditions, soit à l'entraînement, soit en compétition. Le but est de réaliser un sans faute, flèche par flèche. L'esprit aura mémorisé le geste, et vous placerez votre confiance en celui-ci même si le viseur bouge. La flèche suivra un geste qui a été répété maintes fois, c'est con une flèche, dîtes vous bien ça !!!

    Rechercher la précision pour dépasser vos limites, et l'économie d'énergie pour tenir la cadence. Tolérez les erreurs, évitez les signes de têtes, les gestes de colère, ce qui est fait est fait, les autres archers n'ont que faire de votre résultat, restez sur vous-mêmes, avec vos images de gestuelle parfaite. Gardez donc cette énergie négative pour la balancer en traction dans le mur !

  • Le déroulement

Après une compétition où seul le résultat compte, la qualité a quelques fois besoin d'un rappel. Faîtes une séance libre sans objectif, sans aucun point de travail. Affichez quelques blasons bien fatigués et lâchez du tube, autant que vous avez de flèches dans le carquois. Le but et de reprendre vos automatismes après une période de stress qui fige les muscles. Gestuelle répétée façon machine, notion de plaisir, regardez votre flèche voler dans le paysage, adptez un rythme de tir normal avec une bonne hydratation régulière. Apportez un p'ti goûter et rigolez avec les copains du club sur les belles bourdes lancées en compét', c'est là le moment de le faire !

Les jeux d'entraînement

  • Les 100 flèches : recherche de régularité.

    Il faut disposer d'une salle assez large et d'un 'agent' pour aller chercher vos flèches. Cet exercice permet d'enchaîner 100 flèches sans s'arrêter, pour travailler l'endurance physique.

    Votre but sera de tenir une zone de réussite définie à l'avance (par exemple, le 10 classique, ou découpez le centre d'un trispot au diamètre voulu), sur la totalité du tir.

    Placez deux trispots à gauche du mur de tir, et deux autres à l extrémité opposée. Ayez 12 flèches dans le carquois et c'est partit. Trouvez un rythme de croisière, ni trop lent, ni trop rapide, pour atteindre votre zone. Tirez six flèches à gauche et changez immédiatement de côté. Pendant ce temps, l'agent ira aux flèches pour ramener vos tubes dans votre carquois et ainsi de suite.

    Une fois bien chaud, vous sentirez des placements bien particuliers, vous noterez votre posture en situation de fatigue, son évolution. Lorsque que l'exercice est terminé, étirez-vous, buvez, faîtes une pause.

  • Les 100 dix : endurance de concentration.

L'exercice peut se faire seul et avec 1, 2, 3 ou 4 trispots sur le mur de tir en fonction du nombre de flèches que vous avez dans le carquois.

Fixez votre zone de réussite, elle ne doit pas être trop petite. Vous pouvez tracer un cercle vous correspondant au compas. Pour un archer à 590 par exemple, cette zone est le 10 classique.

Le but est de rester concentré un maximum de temps, la zone doit donc être assez grande, et plus le nombre de flèches tirées par volée est faible, plus l'exercice sera difficile.

Tirez normalement, pas de musique, et si possible avec un minimum d'archers dans votre salle. Dans ces conditions, vous convoquerez votre esprit à l'évasion, votre objectif sera de résister absolument à cette réaction. La perte d'attention vous guettera...

  • Les 100 dix : recherche de performance.

Par volée de 3 ou 6 flèches, pas plus, sur des blasons neufs, vous rechercherez la meilleure précision. Le but est d'atteindre 100 dix (le petit 10), en un minimum de flèches tirées.

Prenez votre temps, mettez-vous à l'aise, vous n'êtes pas en compétition, vous n'êtes pas dans le dur physiquement... L'exercice peut durer assez longtemps, entre 1h30 et 2h avec quelques pauses de courte durée, voire plus.

Votre objectif est d'atteindre le 10 à chaque flèche, détachez-vous de toute autre parasitage, demandez à quelqu'un de noter vos scores, prenez-en connaissance à la fin lorsqu'il vous annoncera que vous avez réalisé les 100 dix. Détachez-vous du résultat pour ne vouloir qu'une seule chose : faire un 10 à chaque flèche, une par une.

  • La bataille navale.

    Trouvez un concurrent du même niveau que vous, et coulez sa flotte ! Dessinez un quadrillage sur une feuille blanche et placez votre flotte sur une échelle verticale graduée de A à F, et horizontale de 1 à 6. Ceci effectué, recouvrez votre flotte d'une autre page, couleur indifférente avec ce même quadrillage et placez là sur le mur de tir. Votre adversaire fera la même chose. Vous aurez tous deux une version petit format de la carte de votre flotte et une autre vierge pour noter les "touchés", "manqué" ou "coulé" dans le camp ennemi.

  • La balle au centre.

Sur le mur de tir de votre salle, faîtes une ligne de spots en alignant successivement les trispots à l'horizontal. Le nombre sera impair pour obtenir un nombre identique de spots de chaque côté du spot central.

A deux archers, le duel est lancé, et vous partirez chacun d'une extrémité du mur, vers le centre. Pour changer de sport, vous devrez "fermer" celui-ci en réalisant un 10, sinon recommencez. Prenez de vieilles flèches si vous devez tirer dans le même spot. Je vous conseille de tirer le spot suivant pour éviter la casse. Revenez sur le spot à fermer la volée suivante. Le premier à fermer le spot central sera vainqueur !

  • Le morpion.

Simple et connu, une grille, deux archers... Le premier qui alignera trois flèches horizontalement, verticalement ou en diagonal sera vainqueur. Corsez le jeu avec une toute petite grille !

  • Dessinez, c'est gagné !

Ras l'bol des blason jaune, rouge et bleu ? Retournez le blason pour dessiner au marqueur le fruit de votre imagination... Animaux, formes diverses, voitures ou bateau etc... Restez dans une forme simple et préférez les gros traits bien visibles depuis le pas de tir.

Votre objectif sera de faire un canevas, comme en couture, sauf que les flèches remplacent les aiguilles ! Faîtes des trous en suivant les lignes de votre dessin, et vous pourrez jouer les artistes seul ou à plusieurs, sur le même dessin.

Avec ce genre de "jeux à la con", vous pourrez sentir la différence entre un tir réalisé pour une évaluation personnelle comme une compétition, et un tir dans une condition d'adversité. Même si l'esprit bon enfant doit régner, vous aurez toujours à coeur de faire mieux que l'autre ! Le jeu à plusieurs pourra renforcer votre cohésion d'équipe, le jeu d'adresse renforcera votre précision sans la contrainte d'un résultat. Pimentez le jeu avec un pari, mais attention... Pas d'apéro !

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Mon point de vue.

Le but reste d'être toujours "OPS" une fois sur la ligne de compétition. Avant une compét', je sens régulièrement que mon tir n'est pas de très bonne qualité. C'est un sentiment normal, on appréhende toujours un examen... Avec l'expérience, je laisse faire et je garde confiance pour préserver la fraîcheur physique qui me permettra d'être solide.

Tout ce qu'il se passe avant est important, le travail de fond. Par exemple, en salle je vais tirer des volées de 6 flèches en début de saison, 12 ou plus en FITA, toujours sur blason pour garder l'image de visée, je n'aime pas faire de la paille et je n'en fais pas.

Mon objectif est d'acquérir des automatismes, faire chauffer la machine. Ensuite viendra la recherche de performance, du tir "flèche par flèche", par volées de 3 ou 6 selon la saison. Je vais chercher la qualité pure sur quelques entraînements. Cela équivaut à être attentif sur tous les points importants d'une séquence de tir (scopage, ligne, ancrage, souplesse...) s'il faut être technique, ou attentif sur la cible et l'environnement si je cherche le groupement.

Il faudra nécessairement revenir sur du volume dans la semaine pour "décrasser", comme le lendemain d'une compét'.

Je peux dédier un entraînement à des tests sur l'arc : je change de came, je tire plus long, plus court, j'essaie des configurations différentes de stabilisation, de visée, de posture. Faire ceci me permet d'être certain de ma façon de tirer, du réglage utilisé, ou bien le cas échéant, changer.

Il m'arrive de faire l'impasse sur un résultat pour faire un choix en vue d'une compétition importante qui se présentera plus tard. Dans cet environnement, entre stress, compte de points, rythme imposé, chronomètrage, blason neuf, etc... la donne change, le tir prend sa tounure officielle et je peux ôter un doute, que le résultat soit bon ou mauvais une conclusion en est tirée. Je tiens bon comme ça ou je change. Le but est de définir le bon objectif, et anticiper.

Au petit matin, bien réveillé ou non, après manger en pleine digestion, le soir après le travail, sur un coup de tête pour un tir compté... Tout les coups sont permis pour se tester aussi, car le matériel est une chose, mais le corps en est une autre aussi. Les deux font la paire. Apprendre à tirer dans de bonnes et dans de mauvaises conditions constitue les repères qui serviront dans les flèches difficiles...

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